Implants Nazalus : réhabilitation du maxillaire
09 Avril 2026 – 5 min de lecture
La réhabilitation des maxillaires sévèrement atrophiés repose aujourd’hui sur l’exploitation des ancrages corticaux disponibles, souvent au-delà du simple volume osseux résiduel. Dans ce contexte, les implants angulés de grande longueur, notamment positionnés au niveau de la crête nasale (approche nazalus), représentent une alternative crédible aux implants zygomatiques.
Cette approche permet d’envisager une réhabilitation fixe immédiate tout en limitant la morbidité chirurgicale.
L’étude de Zaninovich et Drago analyse précisément cette stratégie à travers l’utilisation d’implants ELSA, combinés à des implants conventionnels, dans des situations d’atrophie maxillaire avancée.
Méthodologie de l’étude
Cette étude rétrospective inclut :
- 33 patients édentés maxillaires sévèrement atrophiés
- 187 implants posés, dont 73 implants ELSA (angulés, longs, trans-sinus/nasal)
- 114 implants conventionnels
Les patients ont été suivis sur une période de 12 à 36 mois.
Les protocoles incluent :
- Mise en charge immédiate (≤ 72 h) lorsque le torque le permet (≥ 120 Ncm)
- Mise en charge différée à 4 mois dans les cas limites
Les implants ELSA présentent les caractéristiques suivantes :
- Une angulation subcrestale de 24° à 36°
- Des longueurs de 18 à 26 mm
- Une trajectoire trans-sinus avec ancrage tricortical (crête alvéolaire, paroi sinusienne, paroi nasale)
Résultats : une alternative crédible aux solutions zygomatiques
Taux de survie implantaire
Les résultats montrent :
- 93,0 % de survie à 12 mois
- 91,1 % à 24 mois
- 100 % à 36 mois (sur les patients suivis)
Aucune différence statistiquement significative n’a été observée entre implants ELSA et implants conventionnels (p = 0,38).
Ces résultats sont comparables aux taux rapportés pour les implants zygomatiques dans la littérature.
Mise en charge immédiate
137 implants (73,2 %) ont été mis en charge immédiatement.
Les résultats montrent :
- 92,7 % de survie en charge immédiate
- 94,0 % en charge différée
- Aucune différence significative entre les protocoles
Cela confirme la pertinence de l’ancrage cortical, notamment nasal, pour sécuriser les protocoles d’implantation immédiate.
Niveaux osseux marginaux
Les pertes osseuses moyennes observées sont :
- −1,53 mm à 12 mois
- −2,26 mm à 24 mois
- −2,54 mm à 36 mois
Les implants ELSA présentent une perte osseuse légèrement plus importante à 36 mois (différence significative, p = 0,014).
Cependant, les niveaux osseux restent compatibles avec une stabilité à long terme et la résorption tend à se stabiliser après la première année.
Facteurs clés de succès des implants nazalus / ELSA
Recherche d’ancrage cortical
L’étude confirme que le facteur déterminant n’est pas le volume osseux, mais la qualité de l’ancrage mécanique.
Les implants ELSA exploitent :
- La crête nasale
- La paroi latérale nasale
- La corticale vestibulaire antérieure
Ces zones deviennent essentielles en phase terminale d’atrophie, lorsque l’os alvéolaire est insuffisant.
Concept de trajectoire trans-sinus nasale
Le protocole repose sur :
- Une traversée du sinus maxillaire
- Un ancrage apical dans les structures corticales nasales
Cette stratégie permet :
- D’augmenter le spread antéro-postérieur
- De positionner les émergences en zone molaire
- De limiter le recours aux implants zygomatiques
Stabilité primaire élevée
Le seuil de 120 Ncm pour la mise en charge immédiate souligne l’importance du verrouillage cortical et la logique biomécanique dominante dans ces protocoles.
Il s’agit ici d’une approche où la stabilité mécanique prime sur les considérations purement biologiques.
Ce qu’il faut retenir
Les implants nazalus, via les implants ELSA, constituent une alternative fiable aux implants zygomatiques dans certaines atrophies maxillaires sévères.
Le succès repose avant tout sur l’exploitation des ancrages corticaux, notamment nasaux.
La mise en charge immédiate est sécurisée dès lors que la stabilité primaire est suffisante.
Source : Zaninovich & Drago (2024). Immediate rehabilitation of severely atrophic maxillae using conventional and ELSA implants.





