Implants ptérygoïdiens : solution pour maxillaire atrophié
17 Avril 2026 – 5 min de lecture
La réhabilitation des maxillaires sévèrement atrophiés représente un défi majeur en implantologie. Lorsque le volume osseux est insuffisant dans les zones postérieures, les implants ptérygoïdiens permettent d’exploiter des ancrages corticaux distaux pour éviter les greffes osseuses.
Une étude récente met en évidence l’intérêt de ces implants dans le cadre de réhabilitations complètes immédiates, notamment lorsqu’ils sont associés à des technologies digitales avancées comme la navigation dynamique et la photogrammétrie.
Un cas clinique de maxillaire sévèrement atrophié
Une patiente de 69 ans présentant une atrophie maxillaire avancée a été prise en charge dans le cadre d’une réhabilitation complète.
L’analyse CBCT a révélé :
- Des sinus maxillaires pneumatisés
- Une faible largeur osseuse antérieure
- Une absence d’os dans les zones postérieures
Dans ce contexte, le plan de traitement reposait sur une approche combinée incluant des implants ptérygoïdiens, des implants antérieurs et des implants inclinés.
Implants ptérygoïdiens et protocole PATZi
Le protocole utilisé repose sur le concept PATZi (pterygoid, anterior, tilted, zygomatic implants), permettant d’optimiser la répartition des ancrages implantaires dans les maxillaires atrophiés.
Les implants ptérygoïdiens sont positionnés dans la région tubérositaire afin d’engager la plaque ptérygomaxillaire, une zone osseuse dense offrant une excellente stabilité primaire.
Cette approche permet :
- D’augmenter le spread antéro-postérieur
- De limiter les extensions prothétiques distales
- D’éviter le recours aux greffes osseuses
Apport de la navigation dynamique
La chirurgie a été réalisée à l’aide d’un système de navigation dynamique, permettant de visualiser en temps réel la position et l’angulation des instruments.
Cette technologie permet :
- Une précision élevée du positionnement implantaire
- Un contrôle optimal de la profondeur et de l’angulation
- Une sécurisation des zones anatomiques à risque
La précision enregistrée dans ce cas était de l’ordre de 0,1 mm, confirmant la fiabilité du système.
Stabilité primaire et mise en charge immédiate
Les implants ptérygoïdiens ont atteint un torque supérieur à 50 Ncm, permettant une mise en charge immédiate.
La stabilité primaire élevée repose sur l’engagement de la corticale dense de la plaque ptérygomaxillaire.
Dans ce cas, la stabilisation globale a été renforcée par :
- La combinaison de plusieurs implants
- Une stratégie de stabilisation croisée
- Une répartition biomécanique optimisée
Photogrammétrie et flux digital
La position des implants a été enregistrée grâce à la photogrammétrie intra-orale, permettant une reproduction extrêmement précise des axes implantaires.
Ces données ont été utilisées pour concevoir une prothèse provisoire fixée rapidement après la chirurgie.
Le flux digital permet :
- Une précision élevée des restaurations
- Une réduction des erreurs d’ajustement
- Un gain de temps clinique
Résultats cliniques
L’ensemble des implants s’est correctement intégré après une période de cicatrisation de 4 mois.
La prothèse définitive a été réalisée avec une structure en titane associée à une céramique zircone, offrant à la fois résistance et esthétique.
Le patient s’est déclaré pleinement satisfait du résultat fonctionnel et esthétique.
Ce qu’il faut retenir
Les implants ptérygoïdiens constituent une solution efficace pour la réhabilitation des maxillaires sévèrement atrophiés.
Ils permettent d’exploiter des ancrages corticaux distaux et de limiter le recours aux greffes osseuses.
Associés aux technologies digitales comme la navigation dynamique et la photogrammétrie, ils offrent une précision élevée et permettent la mise en charge immédiate.
Source : Virani A., 2025. Dynamic navigation and intra-oral photogrammetry for the immediate full-arch rehabilitation of a severely resorbed maxilla.





