Concept MAX : une réponse aux défis de stabilité primaire en implantation immédiate pour optimiser les résultats cliniques
05 Mars 2026 – 6 min de lecture
Stabilité primaire : un enjeu central en implantologie immédiate
La stabilité primaire correspond à l’ancrage mécanique initial de l’implant dans l’os. Elle dépend de plusieurs facteurs :
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la densité et la qualité osseuse
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la géométrie implantaire
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le protocole de forage
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le volume osseux disponible, notamment en zone apicale
Dans les alvéoles fraîches, la quantité d’os disponible est souvent limitée, en particulier au niveau des parois vestibulaires. Cela peut compromettre l’ancrage mécanique initial et augmenter le risque de micromouvements, susceptibles d’altérer l’ostéointégration.
Méthodologie de l’étude
Cette revue systématique a inclus :
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9 études cliniques (4 essais randomisés et 5 études non randomisées)
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438 patients
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515 implants (250 en sites cicatrisés vs 265 en implants immédiats)
La stabilité primaire a été évaluée selon deux indicateurs principaux :
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ISQ (Implant Stability Quotient) via analyse de fréquence de résonance
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Couple d’insertion (Insertion Torque, IT)
Une méta-analyse a été réalisée afin de comparer les deux approches.
Résultats : implants immédiats vs sites cicatrisés
1- Analyse de la stabilité primaire (ISQ)
Les résultats montrent :
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une différence moyenne de +5,66 ISQ en faveur des sites cicatrisés
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différence statistiquement significative
Cela indique que :
Les implants posés en sites cicatrisés présentent globalement une stabilité primaire plus élevée que les implants immédiats.
Cependant, l’amplitude de cette différence reste modérée.
2- Analyse du couple d’insertion (IT)
Concernant le couple d’insertion :
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différence moyenne de +4,24 Ncm
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non significative statistiquement
Les performances mécaniques apparaissent donc comparables entre les deux techniques sur ce paramètre.
Facteurs influençant la stabilité primaire
L’analyse en sous-groupes met en évidence plusieurs éléments clés :
1- Diamètre implantaire
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Les implants extra-larges (>7 mm) permettent de compenser la perte de stabilité en implantation immédiate
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Aucune différence significative entre groupes pour ces implants
Le diamètre implantaire apparaît comme un levier majeur pour sécuriser la stabilité en site frais.
2- Protocole chirurgical
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L’under-drilling améliore le couple d’insertion
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Mais n’influence pas significativement les valeurs ISQ
Le protocole de forage peut optimiser la stabilité mécanique sans modifier la stabilité mesurée par RFA.
3. Site implantaire
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Pas de différence significative entre secteurs antérieurs et postérieurs pour l’ISQ
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Variations observées pour le torque selon la localisation
Interprétation clinique
Malgré une stabilité primaire légèrement inférieure en implantation immédiate :
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les taux de survie implantaire restent élevés dans la littérature (>90 %)
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la différence observée pourrait être statistiquement significative mais cliniquement limitée
De plus, certains seuils cliniques restent déterminants :
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ISQ ≥ 60
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Torque ≥ 30 Ncm
Ces valeurs sont généralement considérées comme compatibles avec une mise en charge immédiate.
Ainsi, la décision clinique ne peut pas reposer uniquement sur l’ISQ, mais doit intégrer une approche globale incluant design implantaire, stratégie chirurgicale et conditions biologiques.
Ce qu’il faut retenir
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Les implants en sites cicatrisés présentent une stabilité primaire légèrement supérieure
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Cette différence reste d’amplitude limitée et d’impact clinique incertain
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Les implants immédiats restent une option fiable avec des taux de succès élevés
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Le diamètre implantaire et le protocole chirurgical jouent un rôle clé
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La stabilité primaire doit être analysée de manière multifactorielle, et non sur un seul indicateur
Source :
Bizzi I.H. et al.
Primary stability of immediate implants placed in fresh sockets in comparison with healed sites : A systematic review and meta-analysis.
International Journal of Oral Implantology, 2025.




